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Accroître durablement  et efficacement ses revenus n’est pas une sinécure. Les obligations ont perdu de leur attrait et la fiscalité galopante rogne les profits.

° Les dividendes d’actions moins taxées avec un PEA:

Les solutions ne manquent pas pour dégager des revenus complémentaires. Cependant, pour effectuer les meilleurs choix, deux paramètres doivent être observés avec la plus grande attention: le potentiel de performance du placement rapporté à son niveau de risque, et le poids de la fiscalité qu’il supporte.

 » Se fier uniquement au taux de rendement brut d’un placement est une erreur. L’impact de la fiscalité doit être pris en compte » note Véronique Lefévre , ingénieur patrimonial à Banque Privée 1818.

A titre d’exemple, les dividendes sur les actions peuvent procurer un complément de revenus non négligeable. En effet, certains titres comme GDF Suez , offrent un rendement supérieur à 5%. Une belle performance, surtout quand on la compare au taux historiquement bas des taux d’intérêts obligataires.

Toutefois, net de fiscalité, le rendement différera grandement selon que vous détenez la valeur via un compte-titres ordinaire ou un PEA de plus de cinq ans (idéalement de plus de huit ans pour éviter sa clôture en cas de retrait).

Sur un compte-titres, les dividendes sont soumis dés le premier euro aux prélèvements sociaux (15,5%) et au barème progressif de l’impôt sur le revenu après un abattement de 40%. Sur un PEA de plus de cinq ans, ils sont exonérés d’impôt sur le revenu mais pas de prélèvements sociaux (15,5%).

Pour une personne lourdement imposée, l’écart de rémunération entre les deux enveloppes pourra représenter aisément 30%. Privilégiez alors le PEA, qui est en outre le seul placement disponible à proposer une sortie en rente viagère totalement défiscalisée.

° La perception de loyers rapporte entre 3 et 7%:

Pour compléter vos revenus, vous pouvez également investir dans l’immobilier physique afin de toucher des loyers. Selon les zones géographiques et la qualité des biens sélectionnés, le rendement espéré pourra varier de 3 à 7%.

Généralement, plus il est élevé, moins la demande locative est forte. Attention donc à trouver le bon compromis.

La encore la fiscalité peut jouer un mauvais tour aux bailleurs puisque les loyers intégreront les revenus (abattement éventuel de 30% si les loyers sont inférieurs à 15000 euros), sans oublier non plus les prélèvements sociaux (15,5%).

Un contribuable taxé dans les tranches d’imposition les plus élevés (30%, 41%, voire 45%) verra donc son rendement net chuter de moitié. Actuellement, l’immobilier semble mieux adapté pour se constituer à terme un patrimoine en profitant de l’effet de levier du crédit que pour la création immédiate de revenus.

° SCPI: évitez la détention en direct lourdement imposée:

Un choix subtil d’investissement peut en revanche être dans la pierre papier ( SCPI, OPCI). Les SCPI (Sociétés civiles de placements immobiliers) ont encore rapporté plus de 5% en 2013.

Elles permettent principalement d’investir dans l’immobilier d’entreprise en bénéficiant d’une bonne diversification et en évitant à l’épargnant une gestion quotidienne. Toutefois, les résultats différent selon le mode de détention .

Les revenus versés par une SCPI sont considérés comme des revenus fonciers et lourdement imposés, comme les loyers classiques.

La souscription d’une SCPI à partir d’un contrat vie semble plus astucieuse. Les loyers sont alors intégrés dans l’enveloppe fiscale très avantageuse de l’assurance vie. Comme elle est considérée comme une unité de compte, les prélèvements sociaux sont payés à la sortie et non annuellement.

Petit bémol toutefois: le rendement sera moins élevé. Le plus souvent, la compagnie d’assurances ne reverse pas intégralement les loyers (au minimum 85%). En outre, les frais de gestion de l’assureur (environ 1%) amputent également le niveau de distribution. Selon votre taux marginal d’imposition, le calcul mérite d’être fait. Mais les contribuables fortement imposés privilégieront à n’en pas douter l’assurance vie.

° Effectuer des retraits réguliers sur vos contrats vie:

Longtemps plébiscitées pour obtenir des revenus réguliers et sécurisés, les obligations ont perdu de leur attrait. Les grands pays comme la France ou l’Allemagne se financent à moins de 2% sur dix ans. Et l’Espagne et l’Italie fortement attaqués durant la crise de la dette empruntent à 3%.

En outre, les coupons versés sont taxés dès le premier euro à l’impôt sur le revenu. Enfin, vous devrez conserver jusqu’à l’échéance votre obligation afin d’éviter tout risque de perte en capital lié à une remontée des taux d’intérêts.

A travers, le fonds en euros qui offre en plus une garantie en capital à tout instant, l’assurance vie est certainement l’une des meilleures solutions. Son rendement peut encore flirter avec les 4% ( hors prélèvements sociaux). La mise en place des retraits programmés, est mis en place par la plupart des compagnies.

De surcroît, la taxation est quasiment indolore. Seuls les gains contenus dans les retraits sont fiscalisés dans vos revenus ou, sur option au prélèvement forfaitaire libératoire (35% avant quatre ans, 15% entre quatre et huit ans, puis 7,5%).

Par ailleurs, après huit ans , un abattement sur les gains d’un montant de 4600 euros pour une personne seule et de 9200 euros pour un couple s’applique.

Pour compléter efficacement vos revenus, évitez toute détention au direct au profit de deux enveloppes fiscales privilégiées: le PEA, et l’assurance vie.