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La réserve fédérale américaine (FED) a prévu l’arrêt de ses injections de liquidités à la mi-octobre. Une remontée de ses taux, redoutée par les investisseurs n’est cependant pas au calendrier.

C’était l’arme anti-crise par excellence. Le programme d’achat de titres par la réserve fédérale américaine prendra fin en octobre.

° Une réduction progressive déjà anticipée:

Depuis le début de l’année, le Comité de politique monétaire de la FED (FOMC) a commencé à réduire les achats de titres de 10 milliards de dollars par mois. La FED n’achète plus que 35 milliards de dollars mensuellement, ce qui revient à injecter 35 milliards de liquidités dans les marchés financiers.

Ce dispositif exceptionnel lancé pendant la crise après que la FED eut abaissé son taux directeur à quasiment 0%, avait pour but de relancer l’économie américaine.

° Une armé héritée de la crise financière de 2008: 

En 2008, Ben Bernanke, alors directeur de la FED avait crée ce programme baptisé « QE » (quantitative easing) pour augmenter la masse monétaire disponible et faire baisser le prix des actifs financiers. Le QE a été reconduit plusieurs fois par la suite . Le dispositif actuellement en vigueur correspond à la troisième vague (« QE3″). Il a été lancé en novembre 2012 et consiste en l’achat mensuel par la FED de 40 milliards de dollars de créances hypothécaires et 45 milliards de dollars d’emprunts du trésor, le tout pour une période indéfinie, ce qui lui a valu le surnom de « QE infinity »

° Plusieurs facteurs poussent aujourd’hui la FED vers la sortie de ce programme:

Aujourd’hui, plusieurs signes positifs d’une reprise de l’économie américaine poussent  la FED à anticiper l’abandon de cette arme de crise exceptionnelle. En première ligne, les bons chiffres de l’emploi américain de juin: le taux de chômage est retombé à 6,1% , un niveau jamais vu depuis 2008. Il était toujours pourtant à 7,9% en janvier 2014.

Pendant les cinq derniers mois, les Etats-Unis ont profité ont profité de la création de 200000 postes par mois, une performance jamais réalisée depuis 14 ans . Seule ombre au tableau: la majorité des postes crées sont des emplois de courte durée  et/ou à faible rémunération.

Le taux de participation est aussi une source d’inquiétude. Deuxième indicateur de reprise, les exportations américaines qui ont atteint un record historique en mai avec 195,5 milliards d’euros.

0 Les analystes n’ont pas été surpris par cette annonce mais guettent maintenant la remontée des taux:

Les investisseurs se demandent quand exactement la FED va relever ses taux. Selon Barclays, cela pourrait avoir lieu en juin 2015. Dans cette perspective, les taux des emprunts d’État américains commençaient à remonter depuis fin mai . Le taux à 10 ans s’élève actuellement à 2, 53% . Surtout, l’écart se creuse avec la zone euro, toujours à la peine.

Le taux allemand à 10 ans ne cesse de se détendre, il est à 1,19% . L’écart n’a quasiment jamais été aussi important entre le taux américain et le taux allemand.